Le développement durable est pour certains un concept en soi. Pour d’autres, il n’est qu’un enrichissement méthodologique de la notion de développement local.
A SILFIAC, nous le considérons comme une méthode de développement chargée d’éthique…
Pour faire du développement durable, on ne peut se contenter de juxtaposer des réalisations, aussi symboliques puissent-elles être. Faire du développement durable, c’est justifier les initiatives et les aménagements par la démonstration de leur insertion dans un projet global prenant en compte simultanément les dimensions environnementales, sociales, culturelles, et économiques.
Il faut également, et surtout, placer l’être humain au centre du projet, il n’y a pas de développement durable sans valeur humaniste, donc pas de développement durable qui ne soit aussi solidaire.
Le rôle des élus est de créer les conditions du développement. Pour cela, la prise en compte de la dimension humaine, avec ce que cela suppose en termes de mobilisation des acteurs et de participation citoyenne, est devenue incontournable. Les élus dynamisent, animent, mettent en relation, coordonnent, valorisent, permettent de tenir compte du caractère particulier de chaque situation…
Ainsi, le monde rural s’autorise de plus en plus à une autonomie de pensée, à avoir sa propre logique de développement, alors qu’il était jusqu’ici enfermé dans des logiques de copie de l’urbain qu’il considérait comme un modèle. Ce dernier constituait la référence, incarnait l’image de la modernité et du progrès.
Le rural représente souvent à nouveau les valeurs auxquelles beaucoup de nos concitoyens aspirent, des valeurs d’authenticité, d’harmonie, de symbiose avec les éléments, de convivialité, de lien social… Il nourrit une certaine utopie. Il fût une époque où l’urbain entretenait cette utopie alors que le rural représentait un milieu de vie dont il convenait de s’extraire.
Les images se complexifient et le rural fait à nouveau rêver.
Les démarches de développement qui se construisent sur cette nouvelle donne, entraînent une représentation moderne de la campagne, une campagne qui sait innover, qui va de l’avant, qui est précurseur, qui sait promouvoir les valeurs positives qu’elle véhicule aujourd’hui.
La logique de contextualisation des projets et actions pousse le rural à imaginer des dynamiques de développement tenant compte des spécificités locales et donc difficilement reproductibles dans d’autres contextes. Ceci est d’autant plus vrai lorsque l’on privilégie les valeurs humaines, parce que la culture d’ici ne peut être la culture d’ailleurs. L’affirmation des spécificités culturelles, les revendications identitaires, si elles sont associées à l’ouverture à l’autre, à la valorisation de la richesse des différences, constituent un levier considérable de développement.
La logique induite par l’économie de marché était une logique de développement « hors sol » et généralement standardisatrice. Alors, ne nous étonnons pas que les activités déménagent au gré des opportunités ; nous étions enfermés dans un processus de pensée unique.
A SILFIAC, notre plus grande richesse, aujourd’hui, c’est d’avoir été pauvres à l’époque où l’homme détruisait son milieu de vie au nom de la seule logique économique. Nous n’avons pas eu les moyens de détruire nos talus, notre bocage, nos zones humides, notre patrimoine naturel, culturel ou bâti. Ils font maintenant notre richesse. A nous de savoir les préserver et les valoriser. Ils sont une denrée rare que beaucoup nous envient.
Notre commune attire, car elle donne d’elle une image positive et active. Elle fait rêver. Les médias, écrits, parlés, audio-visuels, relatent cette image positive. Ils jouent un rôle de miroir qui pousse la population à se percevoir positivement.
Notre commune alimente aujourd’hui le mythe du monde rural, elle sert de référence, et donne une image forte de capacité d’autonomie.
Collectivement, nous étions localement enfermés dans des représentations négatives de nous-mêmes. Nous étions soumis, dépendants, attentistes… La société nous renvoie une vision valorisante qui nous pousse à changer notre point de vue et à regagner de la confiance et de la capacité d’initiative.
Nous pouvons nous aussi participer, voire trouver des réponses, aux grands enjeux de société qui font l’actualité.
Serge MOËLO
4 octobre 2010.